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¿Tienes facebook?

facebookear. Fuente: li liz blog

La expansión del facebook ha sido la noticia cibernética del 2007. Pero pronto no será necesario decir: "Te voy a buscar en el facebook" sino simplemente "te voy a facebookear" Al menos eso se desprende del texto de Pierre Assouline en el que comenta que el venerable diccionario Collins ha introducido la palabra también como verbo. Assouline -lamentándose por la pérdida del idioma del desaparecido Gracq- no duda de que pronto el francés seguirá al Collins. Yo estoy seguro de que el castellano se alineará también. Bueno, mientras esto del blog está de capa caída mi nuevo chiche es el facebook. Ahora mismo pienso atacar a alguien como vampiro.

Dice Assouline: "Alors que les observateurs de la Toile s’interrogent encore sur la nature durable ou passagère du phénomène, le vénérable Collins, prestigieux éditeur anglais de dictionnaires depuis 175 ans, n’a pas pu attendre douze mois de plus pour mettre sa pérennité à l’épreuve. Il fait figurer « Facebook » comme nom et comme verbe dans l’édition 2008 de son dictionnaire d’anglais qui paraît ces jours-ci à Londres. Dans le premier cas, il est défini comme « un populaire site internet de socialisation », et dans le second comme l’action de « chercher le profil de quelqu’un sur le site ». Que le nom reprenne la marque, passe encore. Mais le verbe ! Puisque c’est dans le Collins, ce sera bientôt admis chez ses homologues français. On va pouvoir se facebooker tranquillement, sans même les précautions de l’italique ou des guillemets, et sans craindre les foudres de la commission de la langue à l’Académie. Quoique sidérante par sa rapidité, l’évolution était inévitable si l’on songe qu’avant de se rencontrer en société, les curieux et les prudents ne se renseignent plus les uns sur les autres, comme ils le faisaient autrefois, mais se googlisent. Rien n’est facile comme de repérer dans un dîner celui qui a eu juste avant le mauvais goût de concocter des fiches Wikipédia sur chacun des convives : c’est généralement le seul capable de vous sortir un détail de votre biographie, si infime, si futile et si ancien que vous l’avez vous même oublié ! Dans ces moments là, vous le zappez au mépris des règles élémentaires de la conversation, avant de l’envoyer se faire facebooker. Collins n’a pas fait dans la demie mesure puisque dans son élan, il vient également d’inclure « Poke » et « Pimp » dans sa nouvelle édition, deux termes familiers aux utilisateurs de Facebook. Le premier signifie « attirer l’attention d’un correspondant sans pour autant lui envoyer un message », le second « agrémenter sa page». Un bonheur n’arrivant jamais seul, le Collins a également intronisé le verbe « to subprime » de funeste mémoire pour autant de banquiers que de petits épargnants. Faut-il préciser qu’il désigne l’action de « prêter de l’argent à des taux prohibitifs à un client ayant un mauvais profil de crédit » ?

Maintenant que c’est dans le dictionnaire, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, d’autant que les premiers ont dû poker comme des fous pour subprimer les seconds comme ils l’ont fait. En attendant que tout ceci débarque dans nos propres dictionnaires sous forme de néologismes douteux et d’anglicismes légèrement abusifs, nous avons hâte de nous replonger dans Un balcon en forêt et Un beau ténébreux, ou dans En lisant en écrivant et Préférences, et nous immerger dans une qualité de français dont nous sommes déjà orphelins et nostalgiques. Ne nous reste plus alors qu’à exprimer au grand écrivain disparu notre infinie gracquitude.

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